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11 juin 2007

Zodiac

De David Fincher

Avec Jack Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards

Affiche

Voici le nouveau Fincher qui arrive, la plupart diront enfin, et ils auront raison. Ainsi, le réalisateur des désormais cultes – et c’est totalement justifié - « Se7en » et « Fight Club » appuie une fois de plus son grand talent de la mise en scène et de l’écriture.

En effet, Fincher s’avère être, avec un léger recul, pour moi, le réalisateur des années 2000 comme l’a été Tarantino dans les années 90, car en plus de représenter une certaine nouvelle forme du cinéma hollywoodien, Fincher s’appuie effectivement sur la logique mercantile d’Hollywood pour produire ses films et donc s’écarter intelligemment de cette logique du marché. Il à en effet entamé la nouvelle décennie avec son « Fight Club » qui, justement, est aussi adulé et reconnu maintenant que le chef d’œuvre « Pulp Fiction ».

Image_3

« Zodiac » se démarque donc formellement des deux films qui ont faits sa renommée. En effet, on y trouve beaucoup moins d’effets visuels et esthétiques que beaucoup de magazines et critiques de cinéma établissent injustement à mon avis dans le cadre « effets gratuits d’ado ». On considère le nouveau Fincher comme étant plus « adulte », ce qui est une nouvelle erreur. En quoi « Se7en » et « Fight Club » ne témoignent pas d’un traitement dit adulte ? Leurs sujets ne sont pas « ados », bien au contraire, malgré le fait, il est vrai, qu’ils plaisent souvent à un jeune public souvent impressionné. Non « Zodiac » apparaîtrait comme étant plus sobre, s’intéressant plus au parcours de l’enquête du serial-killer qui se fait appeler le Zodiac, qu' au dénouement – qui d’ailleurs n’existe pas puisque l’affaire n’a jamais été élucidée (le scénario est basé sur des faits réels). Il peint ainsi dans un espèce de réalisme atténué des personnages qui se perdent dans leur propre curiosité. Ils s’avèrent bouffés par cette affaire qui déteint sur leur vie privée. Il en sont obsédés, et ne sont plus qu’ombres d’eux mêmes.

Image_5

« Zodiac » est donc un coup de maître, peut être plus abouti et mature sur le plan psychologique que ses précédents films. Il écope donc d’une mise en scène fine et travaillée, d’une écriture quasi-parfaite, et d’un montage aboutit qui sert l’intention du réalisateur. Les acteurs sont également très bons – Jack Gyllenhaal en fait peut être un peu trop dans le rôle du dessinateur autiste sur les bords, bien qu'il est là pour contrebalancer les autres rôles puisque celui-ci se soustrait curieusement aux effets du temps qui passe – , toujours justes. On sent bien la direction très maîtrisée de Fincher.

David_Fincher___Mark_Ruffalo

Le métrage est donc inratable. Il s’agit bien d’une perle d’un petit génie du cinéma américain, qui traite bien souvent la folie au sein des Etats-Unis, comme une gangrène qui serait le produit d’une société dépassée par les événements et perdue .

Posté par Monsieur 7 à 23:46 - 7ème art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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