LE BLOG QUI AIME LE CINEMA...

Bienvenue sur mon lieu public. C'est ici, en ce lieu saint que je m'everturai de poster des crtiques cinematographiques et tout un tas d'autre choses plus ou moins utiles pour le sort de l'Humanité....

12 mai 2007

Sunshine

De Danny Boyle

Avec Chris Evans (II), Cillian Murphy, Rose Murphy

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Dans « Sunshine », pas de foutaises pseudo scientifiques qui égrènent toutes les introductions de films de science-fiction américains. Non, ici on est directement plongé dans l’action, dans ce vaisseau au nom prémonitoire (Icarus) censé sauver l’humanité.

Le scénario est donc – à cause du genre susnommé – bateau : encore et toujours sauver l’espèce humaine. Mais paradoxalement il permet par cette fin tragique annoncée de rendre les relations entre les différents protagonistes bien plus intéressantes qu’un autre navet du genre, au hasard « Armageddon ». Effectivement, et c’est à leur honneur, les acteurs, menés par Cillian Murphy, déjà présent sur le précédent métrage de Boyle « 28 jours plus tard », assurent. La tension s’élève progressivement pour finir dans une paranoïa totale et bien sympathique.

Une fois de plus le cadrage de Danny « Trainspotting » Boyle ne fait pas défaut et permet un choc visuel quasi permanent. C’est tout simplement beau : du vaisseau-bouclier, en passant par le jardin-potager qui permet la vie, pour finir par le soleil qui est la fois ordonnateur de cette même vie et de la mort qui l’accompagne.

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Alors bien sur l’introduction du dernier personnage peut faire sourire. Il est en effet peu probable, sans vouloir trop en dire, de voir un homme survivre dans un vaisseau spatial si près du soleil. Mais au diable l’improbable car celui ci sert admirablement cette fin dans laquelle tout les personnages (restants) ne sont plus qu’un rôle, une fonction en vu de leur objectif commun, leurs vies n’ont plus aucune importance.

Ainsi, ce film est certainement le meilleur de Danny Boyle, étonnamment puissant par une grande force visuelle et une exploitation des rapports entre les personnages réussie. Et je le dis en toute connaissance de cause, « Sunshine » est avec « Mission to Mars » de Brian l’incompris, un des meilleurs films de science fiction de la décennie.

Posté par Monsieur 7 à 19:58 - 7ème art - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Spider Man 3

De Sam Raimi

Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco

Affiche

Voici enfin arrivé le tant attendu troisième volet de cette saga, qui en lui faisant honneur par sa débauche d’effets spéciaux et de combats virevoltants et qui foutent la gerbouille, lui cause son plus grand tort. Je m’explique.

Alors oui Spider Man n’est qu’un divertissement, et oui j’en ai conscience. Oui ce n’est pas « un film qui fait réfléchir » - j’avoue haïr cette expression qui rend souvent ridicule celui qui la prononce – et je m’en suis rendu compte. Et oui je sais qu’il n’a d’autre but que de faire passer un bon moment avec, ou sans (cela dépend du niveau de votre vie sociale et de la taille du répertoire de votre téléphone portable, outil INDISPENSABLE de nos jours), vos ami(e)s, votre petit(e) ami(e) ou encore votre pot de pop-corn. Il est certes le haut du panier en ce qui concerne les « blockbusters » (si tant est qu’il existe un panier pour cette catégorie de « films »), mais la vision patriotique, voire nationaliste, de Raimi pour Spider Man : je vous renvoie aux différents plans des trois films dans lesquels l’homme araignée se retrouve par une inadvertance divine devant le drapeau américain tremblant sous l’effet du vent tout aussi divin, il devient alors le symbole protecteur de toute une nation en proie aux méchants (un des méchants ne fait d’ailleurs plus qu’un avec le sable, l’Homme sable,  et quoi de plus oriental que le sable ? En effet, quels sont les pays actuellement où on peut trouver du sable mis à part les pays islamistes où on trouve tous ces sales terroristes. De même dans Spider Man 2 où le gros méchant voulait posséder « le pouvoir du soleil dans la paume de sa main ». Je pense que le parallèle avec justement le contexte de l’époque, à savoir les pseudo armes de destruction massive en Irak, et maintenant probablement en Iran, que ce soit un phénomène conscient ou inconscient de la part scénaristes, n’est pas si tiré par les cheveux qu’il ne le semble), les effets spéciaux employés à outrance : ils sont vraiment partout, le budget du film impensable (on parle de 300 millions de dollars !!!) sont autant d’éléments qui donnent réellement envie de vomir. Bref, on se retrouve pendant près de 2h20 devant de la bonne action comme on l’aime saupoudrée de dialogues larmoyants comme il les faut dans un bon super-movie hollywoodien.

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Alors oui, Spider Man 3 est le film idéal à regarder chez soi, aux toilettes avec son lecteur DVD portable, dans une maison intelligente et une brosse à dents qui vous donne la météo. Pour finir, et je me pose sincèrement la question, comment M. Raimi, peut-on passer de « Evil Dead », petite perle du film d’horreur à deux balles complètement décomplexé, à un film de super héros complaisant, consensuel et sans aucune trace de gros mots, car, qu’on se le dise, les gros mots c’est rigolo.

Posté par Monsieur 7 à 20:13 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2007

2001, l'Odyssée de l'Espace

de Stanley Kubrick

Affiche

Aujourd’hui, j’ai la difficile et lourde tâche d’écrire un article sur ce monument de l’histoire du Cinéma, de tenter de vous faire part de sa richesse qui dépasse l’entendement, autant du point de vue cinématographique que philosophique.

L’ampleur du film, sa complexité et sa liberté d’interprétation permise au spectateur sont autant d’éléments difficiles à mettre en texte et qui me disent de vous prévenir que cet article ne sera qu’une interprétation parmi tant d’autres. Je ne voudrais pas que lorsque vous le visionnerez – ce que vous ferez après avoir lu cet article – vous ayez cette interprétation précise en tête.

Le film se déroule donc en 4 actes, distincts, et a priori indépendants. Chacun va mettre en scène une étape précise de ce qui va être une évolution de l’Homme.

En premier lieu « L’aube de l’Humanité » va mettre en scène des singes après la naissance de la planète même signifiée par quelques plans magnifiques du paysage africain. Ceux ci (les singes) errent donc sans vraiment de but, si ce n’est celui de survivre. Après avoir trouvé un point d’eau, ils s’en font chasser par un groupe de singes ennemi. Ils s’endorment alors dans des sortes de cavités dans lesquelles ils sont protégés de l’environnement extérieur agressif. Pendant la nuit plusieurs planètes, dont la Terre, s’alignent avec le soleil : quelque chose d’important de prépare. A leur réveil, ils se trouvent face à avec un monolithe, un bloc rectangulaire d’une matière inconnue. Les singes autant que les spectateurs sont perdus. Ils ne comprennent pas ce qu’il est, tournent autour, tentent de jauger son danger potentiel. C’est alors que l’un d’entre eux (le moonwatcher : celui qui regarde la lune, c’est ce qui fait qu’il se distingue de la masse), s’approche du monolithe avec un grand respect (c’est important), et le touche, le caresse, ce qui encourage son groupe à faire de même. C’est après avoir été en contact avec cet objet inconnu qu’il découvre l’outil (l’os). Outil qui va permettre à lui et à son groupe de (re)prendre possession du point d’eau après avoir tué l’un des singes du groupe ennemi.

Beaucoup considèrent le monolithe comme étant l’image de Dieu, qui dans sa grande mansuétude, daigne nous aider dans notre évolution en nous attribuant la technologie. D’autres y voient encore l’intelligence extra-terrestre incarnée. C’est d’ailleurs l’opinion de l’auteur du livre 2001 Arthur C. Clarck. Je considère plutôt, sans attache avec la relgion, que c’est tout simplement la transcendance même qui permet justement à l’homme de se transcender et d’accéder à un nouveau stade d’évolution.

Le « moonwatcher » fait alors valser, avec l’aide de son nouvel outil-arme, des ossements d’animaux morts, il jouit de son nouveau pouvoir sur le monde. C’est donc la naissance de l’homme moderne.

S’ensuit une transition d’une incroyable simplicité mais extrêmement efficace: l’os-arme vole dans l’air, l’image qui suit est un vaisseau spatial, en 1999, de la forme d’un os. L’homme depuis de milliers d’années n’a pas évolué, il en est encore au stade de l’outil-arme. C’est le second acte.

2001_a_space_odyssey_02

A cette époque qui est la notre, la guerre froide est toujours d’actualité. Elle est d’ailleurs esquissée d’une manière très subtile, à travers un petit accrochage entre scientifiques ; l’homme défie les lois de la gravité et mange des plats préparés dans des sachets sous vides. Notre monde est aseptisé et les échanges entre les hommes ne sont plus que des banalités. Nous suivons alors un scientifique américain qui se rend sur la lune pour une mission secrète : un monolithe vient d’être découvert à sa surface. Une équipe (américaine) est donc dépêchée sur place. L’objet à été déterré et ses ondes magnétiques intriguent. Il est « protégé » par des parois de fer et illuminé par des projecteurs. L’équipe de scientifiques, après avoir été en contact avec lui et avec une vanité bien humaine due justement à cette supériorité que lui procure l’outil-arme, tente de se prendre en photo devant lui, de reproduire le monolithe, représentation physique de la transcendance, sur un support autre que celui qu’offre la réalité même. Kubrick interroge d’ailleurs ici le matériau même qu’est le cinéma. En effet, le 7ème art étant une reproduction de la réalité sur pellicule. Nous pouvons alors, je dirai même nous devons, questionner ce traitement de la réalité qui n’est qu’en fait qu’un mensonge. Mais je m’égare. Donc en réaction et en punition à cet excès d’orgueil, le monolithe produit un son strident qui déroute et effraie tout le monde, y compris encore une fois les spectateurs.

hal_9000

On les abandonne soudainement, sans savoir ce qu’il leur arrive, pour se retrouver au troisième acte : « La Mission Jupiter ». Un vaisseau spatial apparaît : le Discovery (« Découverte »). A l’intérieur, 5 astronautes, dont 3 dorment artificiellement dans ce qui semble être un cercueil, et un ordinateur omnipotent et omniscient à voix humaine pourvu d’un œil unique: HAL 9000 (dans la version originale). L’ordinateur, évidemment crée par l’homme, se dit et est dit (être) parfait. Il ne peut commettre d’erreur. Il est d’ailleurs le seul à connaître vraiment la nature de leur mission : un monolithe (encore) à été découvert dans l’orbite de Jupiter. Mais alors que les 2 astronautes réveillés, Dave Bowman et Frank Poole, flânent dans leur vaisseau, HAL les avertit d’une avarie technique. Une fois sortis, ils se rendent compte qu’il n’y a rien, que HAL, l’être technologique le plus évolué créé par l’homme, cet outil infaillible, venait de faire une erreur. Les deux astronautes commencent alors, discrètement, à douter de HAL et de l’aboutissement de leur mission (dont ils ne connaissent toujours pas la nature). Mais l’ordinateur cyclope le découvre et rentre progressivement dans une paranoïa qui aboutira, pour assurer sa survie, à la destruction des êtres qui l’ont crée : un parricide en bonne et due forme. HAL tuera en effet les 3 astronautes toujours endormis et Frank Poole qui effectuait une sortie dans l’espace. Bowman tente alors avec un astronef de récupérer le cadavre errant dans l’espace. Mais HAL l’empêchant de pénétrer à nouveau dans le Discovery, il y entre par effraction, à travers un hublot, pour affronter sa destinée. Bowman se dirige alors vers le centre névralgique de HAL pour le déconnecter, le tuer en lui ôtant ses circuits pensants. Ce passage peut apparaître comme un périple à l’intérieur de sa propre conscience, labyrinthique, d’où le nom du vaisseau, qui le conduit à la révélation de son destin. Cette scène est d’ailleurs l’une des plus poignantes de l’œuvre de Kubrick, ou du moins dérangeantes, car en effet HAL y apparaît comme l’être le plus humain du film. Ses paroles suppliantes : « J’ai peur, Dave. Mon cerveau se vide. Je le sens se vider. Ma mémoire s’en va, j’en suis certain » puis la chanson mélancolique : « Daisy, donne-moi la main, je suis fou de toi » nous laissent à penser qu’il n’est finalement pas une machine, seulement un être humain créé à partir de la technologie qui nous avait été confiée quelques milliers d’années plus tôt. Se manifeste ici toute l’ambiguïté si appréciée par Kubrick. Cet être qui semble doué de conscience, et qui vient de tuer, qui plus est ses créateurs, et qui agonise, attire inéluctablement notre sympathie, puisqu’il est humain, bien qu’également outil. Et c’est bien en tuant cet être de technologie que l’homme va atteindre le dernier stade de son évolution après un passage mouvementé par cette « porte des étoiles », passage psychédélique absolument démentiel, par lequel Bowman va atteindre la 4ème dimension pour en fait assister tel un spectateur dans une chambre baroque, à toutes les phases de sa vie, jusqu'à sa mort, avant laquelle il pointera du doigt une dernière fois le monolithe mystérieux. Après cela il renaîtra sous une forme fœtale, fruit d’une auto reproduction, dernier symbole d’un cycle d’évolution achevé.

2001_space_odyssey_Monolithe

C’est en cela que pour moi 2001, l’Odyssée de l’Espace est de loin le seul film qui porte un certain optimisme sur le futur de notre espèce dans toute la filmographie de Kubrick emprunte d’un grand pessimisme. Il y a bien sur encore plus à dire sur ce chef d’œuvre absolu, on pourrait ne jamais s’arrêter, 2001 étant un monstre d’ambiguïté. C’est d’ailleurs ce qui fait son génie. Je vous en prie, non je vous intime l’ordre, ne vous arrêtez pas à son rythme lent, ce serait un crime (contre l’humanité et contre vous même) de le rater pour un prétexte aussi trivial.

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15 mai 2007

Vidéos expérimentales type 1


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17 mai 2007

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29 mai 2007

La représentation de la cellule familiale chez Kubrick

Stanley Kubrick est l’un des plus grands réalisateurs que le cinéma ait jamais connu. Des œuvres comme 2001 l’Odyssée de l’espace ou Orange Mécanique en témoignent. Sa mise en scène extrêmement travaillée, ses éclairages, sont, on peut le dire, parfaits (souvenons nous de Barry Lindon et Eyes Wide Shut) son montage toujours rigoureux (les deux parties distinctes mais dépendantes de Full Metal Jacket) sont autant d’éléments qui ont et qui appuient encore et à jamais son génie.

On a souvent assimilé Kubrick à un artiste dont l’ego n’avait aucune limite et qui vivait en autarcie totale. Evidemment, tout cela contribue à une image, un fantasme de l’artiste qui, en refusant tout compromis de mise en scène, en étant présent à tous les stades de production de ses œuvres (écriture, réalisation et post-production), donc en affirmant qu’il est artiste, se voit sévèrement critiqué. Pourtant, contrairement à tout ce que l’on pouvait bien en penser, Kubrick à vécu très heureux en banlieue londonienne avec sa famille : sa femme et ses deux filles.

Et alors qu’il a lui même trouvé un équilibre certain dans sa vie intime, tous ses films au contraire, témoignent d’une profonde crise, très souvent au sein d’une société qui n’a plus de repères. En effet, il ne faut pas oublier que le cinéaste fait partie - à travers ses films du moins - d’une école pessimiste inspirée entre autres par des cinéastes tels que Fellini, Welles ou même Antonioni. Ce qui rejaillit fréquemment sur la famille du personnage  « kubrickien ». Ainsi, la thématique de la famille est récurrente chez Kubrick. Qu’elle apparaisse dans le genre fantastique avec Shining ou bien dans la science-fiction avec Orange Mécanique – ici vecteur d’une contre utopie.

Lui-même l’affirme : « Au bout du compte, la famille reste l’unité la plus primitive et viscérale de notre société. Vous faites les cent pas devant la salle d’accouchement où est allongée votre femme et vous marmonnez : ‘Mon Dieu, quelle responsabilité ! Ai-je bien fait d’assumer un tel engagement ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Puis vous entrez, regardez le visage de votre enfant et ‘vlan !’ : la nature tel qu’elle vous à programmé reprend le dessus et vous ne ressentez plus que de l’émerveillement, de la joie et de la fierté.». C’est un objet sans lequel l’existence de l’homme serait difficile. De plus elle est régulièrement citée en politique comme une valeur fondamentale par laquelle il faut revenir et qu’il convient de respecter.

Elle est clairement traitée dans un de ses plus célèbres films auquel on le ramène d’ailleurs bien trop souvent : Orange Mécanique. En effet, Alex ce jeune homme de 16 ans littéralement habité par le mal et la violence vit donc avec des parents pour ainsi dire inexistants : il rentre quand il le désire, ne vas pas au lycée, et ne leur obéit évidemment pas. Ainsi il vit des vols divers qu’il commet avec ses trois camarades « drougies », s’amuse en  tabassant et en violant. Cette dégénérescence de l’unité familiale, donc par extrapolation de la société, est appuyée par l’hypocrisie de la classe politique. En effet, après qu’Alex se soit fait arrêté pour meurtre – il a été trahi par ses « drougies » - il est envoyé en prison où lors d’une visite du premier Ministre, il se fait remarquer et se propose pour une expérience (le traitement « Ludovico ») sensée annihiler toute forme de violence chez l’individu. Après cette séance de torture il est donc réintégré au sein de cette société. C’est alors qu’en se rendant chez lui, il se rend compte que sa famille l’avait simplement remplacé par un jeune homme bien mieux éduqué et qui de plus, louait la chambre d’Alex. Ses parents font littéralement payer quelqu’un pour être leur fils.

L’unité de la famille, comme elle à pu être esquissée, n’existe plus et finalement n’a pas lieu d’être puisque lui-même ne l’a pas respectée quand il l’aurait pu. Il est finalement abandonné dans une société qui s’avère être aussi violente qu’il a pu l’être car en effet, il va retrouver tous les personnages qu’il à pu violenter qui vont eux-mêmes profiter de sa nouvelle faiblesse pour se venger. En effet, il ne peut même plus penser à quoique ce soit de violent sinon l’esprit qui à été transformé par le traitement « Ludovico » lui fait lui-même violence, comme si pour empêcher la violence, il fallait encore plus de violence.

Ce film n’est pas aisé à interpréter - comme tous les films de Kubrick - mais il ne faut surtout pas tomber dans la facilité et affirmer que, par exemple « Alex l’a bien mérité ». Non, Kubrick nous pousse à penser certes librement – il y a toujours une grande liberté d’interprétation permise dans ses films – mais il nous trace tout de même la voie. La violence est dans l’homme, il ne peut s’en débarrasser. S’il le tente autrement que par la raison - qui ne peut que l’ « atténuer » - il ne pourrait se défendre face aux autres qui eux sont toujours emplis de violence, quelle soit physique ou psychologique. C’est le cas avec la famille d’Alex, qui se venge de la façon dont il a pu la traiter. Les parents ne sont certes pas violents, lymphatiques serait plus approprié, mais ils sont pervers. Ainsi la violence familiale se resitue et  se reflète dans la violence sociétale.

Cependant, il me semble que c’est dans Shining (1980) que ce thème de la famille est le mieux traité dans son œuvre. En effet, les rapports à l’intérieur de la famille Torrance illustrent le développement classique du triangle oedipien.

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Trois personnages sont pris au piège au sein de l’Hôtel Overlook : Jack, le père, Wendy, la mère, et Danny, le fils. Quelques années plus tôt, Jack, dérangé dans son travail par Danny, lui a démis l’épaule dans un accès de colère. Ce geste castrateur – l’acte oedipien du père précède toujours celui de l’enfant – conduit Danny à s’inventer un double qui s’exprime à travers son doigt (quoi de plus phallique qu’un doigt ?) Freud l’affirme « le double était primitivement une assurance contre la destruction du moi, un énergique démenti à la puissance de la mort » (Freud in Essais de Psychanalyse appliquée, « Collection Idées », Gallimard, Paris, 1971, 254 p.).

Mais si, pour l’enfant, le double est une garantie de survie, il devient pour l’adulte (ainsi qu’en témoigne la schizophrénie progressive de Jack, soulignée par ses reflets dans le miroir) un inquiétant signe avant-coureur de la mort, puisqu’il signifie sa future éviction de père.

Plus loin encore, le don de double vue que possède depuis quelque temps Danny n’est-il pas une autre manifestation du rapport substitutif qui se manifeste dans les rêves, les fantasmes, entre les yeux et le membre viril ? Si la crainte pour les yeux est, comme le veut Freud, un substitut fréquent de la peur de la castration, une double vue n’est-elle pas alors l’expression d’une « survirilité » venant s’opposer à la volonté destructrice du père, et conduisant celui-ci, en un cycle infernal, à une fureur exterminatrice encore plus prononcée ?

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Ainsi, alors que Danny est enfermé dans un labyrinthe physique – les nombreuses séquences au tricycle en témoignent – qui indique sa propre recherche, qu’elle soit sexuelle ou autre, Jack sombre dans son labyrinthe psychique, dans une schizophrénie qui l’emmène à tuer pour se protéger. Tandis que Danny progresse dans ce schéma classique oedipien, son père à l’inverse effectue une régression qui le fait atteindre un stade quasi animal. Cela le pousse même à pactiser avec le diable que l’Hôtel Overlook – le nom signifie à la fois « dominer du regard » et « jeter un sort » -, en véritable entité, à représenté sous la forme du barman Lloyd.

ShiningLoyd

Ainsi, en établissant un artiste comme personnage principal, Shining, apparaît comme une des œuvres les plus intimes de Kubrick.

Enfermé, isolé, un intellectuel (un ex-professeur) qui se voudrait artiste ne peut réussir à créer. L’angoisse de la page blanche aboutit à cette phrase inquiétante tapée à l’infini : « Travail sans loisir rend Jack triste sire ». En choisissant pour la première fois un artiste comme centre d’une de ses histoires et en faisant un raté, Kubrick se livre à un exorcisme et démontre la suprématie de la création artistique.

Jack à donné une réalité à ses cauchemars (il avoue à Wendy l’avoir tuée, ainsi que Danny, dans ses rêves), et s’il l’a fait, c’est sans doute qu’il n’a pu sublimer ses instincts en écrivant un roman. La création artistique à bien une valeur cathartique. Comme le mythe aussi, semble nous dire Kubrick qui a toujours voulu relier ses films à l’imaginaire collectif. La civilisation et la science moderne écartent toute mythologie de notre conception du monde, servent exclusivement le principe de réalité et l’instinct de mort. Il convient alors pour le cinéaste de créer pour le plus grand nombre – toutes sociétés et toutes classe mêlées – des œuvres archétypales porteuses de mythes où les spectateurs trouveront un apaisement à leurs tourments et à leurs désirs.

Par conséquent, c’est peut-être ainsi que Kubrick, ce romantique désillusionné, considérant la vie comme tragédie ou farce grinçante, et accusé souvent pour cela même de nihilisme, est un grand libérateur. Nous aider à mieux nous connaître, c’est aussi nous permettre de nous affranchir. La contradiction qu’il explore est d’ admettre l’importance et la légitimité des instincts et de l’inconscient dans le même mouvement, voir dans la raison la seule issue pour l’homme et l’humanité.

Kubrick ne connaît pas la réponse, même si l’artiste en lui semble l’avoir trouvée, mais il pose la question par l’exercice souverain d’une invention de formes toujours renouvelée.

Posté par Monsieur 7 à 22:02 - 7ème art - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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