26 mars 2007
300
de Zack Snyder
avec Gerard Butler, Lena Headey et Rodrigo Santoro
« 300 » est l’adaptation de la Bande Dessinée homonyme de Franck Miller, également créateur de « Sin City ». Celui-ci a d’ailleurs été également adapté récemment par Robert Rodriguez avec un résultat tout à fait à la hauteur de l’original.
Ainsi l’homme qui avait fait courir les zombies dans le remake du chef d’œuvre de Romero (Zombie) fait ici combattre ces chers guerriers spartiates, dans des tenues dignes d’une gay-pride de L.A., contre des ennemis tout vilains, pas beaux , et perses - arabes.
Tout d’abord il est indéniable que l’adaptation en tant que telle est assez réussie, la BD, étant, en soi, déjà un bijou. Tout en utilisant des raccourcis dus, justement, à l’adaptation, et un bestiaire plus conséquent et plus emprunt d’heroïc-fantasy ,et au contraire des rajouts : le femme de Léonidas qui tente de convaincre les vieilles bicoques qui zont rien compris za la situation. Mais c’est là que le bât blesse puisqu’il obéit simplement et bêtement à la logique du récit, très linéaire et sans surprise du montage. De plus il ne cherche en aucun cas à émettre une quelconque réflexion sur la guerre.
En effet, l’honneur, la gloire, et la mort pour la patrie sont mis en avant et exacerbées comme seule vérité et valeurs universelles. Ainsi, l’ennemi apparaît comme étant le mal absolu a travers une opposition purement manichéenne et sombrement conne. Le chef ennemi est montré sous un jour peu gracieux, avec tous les pactes qu’il propose, autant au vilain bâtard spartiate laid comme un pou qu’a Léonidas, la comparaison avec le diable est de mise, justifiée, et grave. Le film apparaît donc encore bien plus que la BD comme une apologie de la guerre. Le fait que le réalisateur soit un membre actif de la « National Rifle Association » aux Etats-Unis peut donner un ersatz d’explication, et me fait dire que je n’irai probablement plus voir ses « films ». Plus précisément, le long-métrage est un réquisitoire contre la corruption, autant monétaire que physique, les hommes politiques, les oracles et autres demi-dieux sont ainsi montrés du doigt comme des personnages avides qui ne se battant pas, ne se battent jamais pour la justice et la liberté.
Enfin, la film démontre plus qu’ostensiblement sa contemplation pour le morbide grâce, entre autre, au procédé du ralenti qui nous permet de pouvoir observer sous toutes les coutures une tête ôtée de son corps premier. Une contemplation qui parce que jouissive et gratuite justifie les idées que le film véhicule.
Le film est donc très beau, impressionnant et époustouflant, esthétique grâce à la technique inaugurée par « Sin City », mais grave dans son idéologie et très con dans sa narration. Ne vous laissez pas avoir ni par le charisme de Gerard Butler ni par le spectaculaire, ce film est trop tendancieux pour pouvoir être défendu.
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