04 mars 2007
Mémoires de nos pères / Lettres d'Iwo Jima
Avec Ryan Phillippe, Adam Beach, Neal McDonough et Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Shido Nakamura.De Clint Eastwood
Deux ans après l’éclatant « Million Dollar Baby », Clint Eastwood récidive dans une œuvre bicéphale brillante, scénarisée par le récemment oscarisé Paul Haggis (Collision, 3 Oscars).
Et au lieu de ne faire qu’un seul film sur cette bataille décisive que fut Iwo Jima lors de la Seconde Guerre Mondiale, Clint a pris le parti de faire deux longs métrages, dont chacun va prendre position pour l’un des deux camps, pour rendre, entre autre, le tout plus objectif. « Mémoires » s’attèle donc à nous faire part de la guerre du côté des Yankees tandis que « Lettres » fait de même pour les japonais.
Les acteurs sont très bons, tous autant qu’ils sont, et transmettent bien cet héroïsme pathétique. Mention spéciale pour Ken Watanabe, qui excelle dans ce général visionnaire.
Les deux sont a la fois similaires et différents. En effet, outre le fait que le montage soit plus rythmé dans le premier alors que le second apparaît plus linéaire, tous deux reflètent de profonds problèmes dans leurs gouvernements respectifs, autant en temps de guerre, avec cette propagande abjecte ou de cet honneur exacerbé qui pousse à commetre l'impensable, qu’en temps de paix, où les hommes ne sont plus que des monuments vivants, pathétiques et errants, relents d’une barbarie sans cesse répétée dans notre Histoire.
Ainsi, on comprend que l’ennemi n’est pas l’autre comme on veut bien nous le faire croire, mais l’homme lui-même, et par extension l’administration, qui va pousser celui-ci à se combattre pour des motifs bien souvent futiles. Je vous renvoie alors une phrase que le soldat Saigo écrit dans une lettre pour sa femme au début de « Lettres » : « Ne suis-je pas en train de creuser ma propre tombe ? ».
La mise en rapport avec l’actuelle guerre en Irak serait tentante car en effet, en se questionnant sur ce conflit d’Iwo Jima, avec ses causes et ses conséquences, Clint Eastwood s’interroge sur la guerre tout court, son caractère profondément humain alors qu’elle est, fut et restera toujours viscéralement anti-humaine.
Le résultat est donc un (deux) film(s) humaniste, pudique et modeste, emprunt d’évidence et de sagesse. Un objet à voir absolument, qui rappelle le dernier bijou en date de Loach. Clint Eastwood est définitivement un grand réalisateur.
Commentaires
great jewells !!!
Deux films fort émotionnellement, des acteurs vraiments bon, des scènes très réalistes...
Décidément Clint à choisi les bon atout pour réaliser un vrai petit bijou ^^
ps: A voir absolument !!!
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